[Chronique] Plus tard, je serai moi – Martin Page



Édition du Rouergue
Année Publication : 2013
Date de sortie : 9 mars 2013
Public : Ado
Genre : Contemporain
Nombre de pages : 73

Illustrateur : Théo Gosselin



Note : 4/5













Les parents sont des gens bizarres. 

Parfois ils ont de ces lubies !
De peur de ne pas être parfaits, ils font n'importe quoi. 
Ceux de Séléna ont soudain décidé qu'elle deviendrait une artiste.
Pas avocate ou médecin ou pilote d'avion ! Non, artiste. Et ils sont prêts à tout pour ça. Même à lui rendre la vie impossible, sous prétexte que les artistes ont souvent eu une jeunesse difficile.


Bref résumé. Il n'en faut pas plus.
Ce livre, c'est notre jolie renarde qui m'a donnée envie de le lire ; Margaud Liseuse.


Extrait première page :

Séléna changeait de coupe de cheveux chaque semaine. Elle cherchait celle qui lui irait, qui la caractériserait, qui dirait quelque chose de sa personnalité. Autour d'elle, la plupart des gens n'avaient pas encore trouvé. Ils tâtonnaient un temps et, en général, ils finissaient par abandonner : ils gardaient leur coiffure banale, la même que tout le monde. Néanmoins certains trouvaient le style qui leur correspondait, mais, et c'était le drame de l'existence humaine, leur visage et leur corpulence évoluaient, et cette coupe qui leur allait à merveille quand ils avaient vingt ans devenait grotesque à cinquante.
Ce jeudi matin, ses parents partis travailler, Séléna pouvait poursuivre ses recherches capillaires en toute tranquillité. Elle tenta un chignon, des tresses, elle utilisa quantité de barrettes et d'élastiques. Pour rien au monde elle n'aurait avoué le temps qu'elle passait à s'occuper de son apparence, elle n'avait rien d'une fille futile. Elle ne voulait pas se faire remarquer, ni être la plus belle, mais exprimer ce qu'elle était intérieurement.
Séléna avait l'impression d'être un jardin qu'il fallait cultiver chaque jour : non seulement elle devait se brosser les dents, se laver, s'habiller, mais tout en elle était à construire. Elle ne voulait oublier aucun détail (chaussures, collants, robe, jupe, pantalon, veste, manteau). Après tout, elle n'avait pas choisi la couleur de ses yeux ni celle de ses cheveux, ni sa taille (un peu trop grande) et son front bombé. Le reste dépendait d'elle et il ne fallait pas tout rater.
Parfois, elle cédait à la tentation de s'habiller comme les autres. C'était un grand confort, car ainsi elle ne se faisait pas remarquer. D'autres fois, au contraire, elle imitait ceux qui méprisaient la mode. Mais la question demeurait : qui était-elle ? Quel style disait quelque chose de sa nature profonde d'adolescente de ce début du XXIe siècle ?
Fatiguée par les acrobaties capillaires, elle opta pour deux barrettes en imitation écaille de tortue. C'était simple et élégant. Elle se mit en route pour le collège.


Avant de commencer, j'aimerais présenter mes excuses pour cette longue absence.
Bien entendu, il y a eu les vacances, mais pas que cela. J'ai également eu une panne de lecture. Pendant tout ce temps, plus de deux mois, je n'ai eu plus aucune envie de lire. Comme une overdose.
Et pour reprendre doucement la lecture ce livre a été idéale.

Avec ses 73 pages, il est tout petit et ne fait pas peur. Du coup, vous pensez bien que je l'ai fini en même pas deux heures. (Oui, je suis lente en lecture :) ).

Niveau histoire, on rencontre Séléna et sa meilleure copine Vérane, deux adolescentes à part. Et elles aiment ça. Elles n'appartiennent pas à un groupe de populaire ou autre. Non, très peu pour elles. Pour pousser la chose encore plus loin, elles ont intégré le club du cerf-volant qui ne comprend qu'elles et le préfet de leur collège. Et comme beaucoup d'ado, Séléna cherche qui elle est et ce qu'elle sera, mais sans vraiment s'inquiéter. La réponse viendra bien avec le temps.

Dû à son caractère sensible, ses parents trouvent qu'elle verrait une bonne artiste. Et pour cela, ils lui offriront chaque jour quelque chose de différents pour stimuler sa sensibilité artistique. Ils commencent par une boite d'aquarelle, un stylo, un appareil photo... Et même un piano !

C'est devenu obsession. Leur fille deviendra une artiste.

Ils vont même encore plus loin. Ils ont lu que les artistes de renoms avaient eu une vie difficile. Alors, que faut-il faire ? Eh bien, faire croire à son enfant qu'on a des problèmes d'argent (alors qu'ils ont acheté un piano, la semaine dernière) et qu'on va devoir faire des économies sur le chauffage et la nourriture. Et pour expliquer la situation, la rendre « crédible », ils y vont à fond. Ils jouent le jeu. J'en suis venu à me demander jusqu'où ils iraient.

Étant maman, cela m'a permis de remarquer que moi aussi j'avais des désirs sur l'avenir de mes enfants. Mais finalement, c'est à eux de choisir. S'ils ne veulent pas devenir ce que moi je veux qu'ils deviennent, ce sera leur choix. Et le personnage de Séléna le comprends très bien. Finalement, je l'ai trouvé plus sage que ces parents, plus adulte.

Je conseille chaudement ce livre aux jeunes ados qui paniquent, secrètement, quand on leur demande ce qu'ils aimeraient faire plus tard. Après cette lecture, ils se sentiront sûrement rassuré : « Je ne sais pas, je verrais bien. Je serai moi, quoi. ». Je le conseillerai également aux adultes et surtout aux jeunes parents comme moi, qui a deux jeunes enfants, mais aussi aux parents avec des ados. Après cette lecture, on relativise sur le futur de nos jeunes.

Pour la couverture, je la trouve soignée et douce.
Elle reflète bien l'âme de l'histoire.

Et vous ? Avez-vous lu "Plus tard, je serai moi" ?

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