[RDV] Premières lignes #07



Ce rendez-vous a été créé par MaLecturothèque.

Le but ? Partager avec vous les premières lignes d’un roman.

J'aime beaucoup ce concept, car (les anciens followers s'en souviennent peut-être) je choisis souvent mes livres en lisant la première page d'un livre. Si la lecture est fluide et qu'elle m'a transportée, je l’achète :)  Avant, je citais dans mes chroniques le premier paragraphe du livre dont je donnais mon avis.



Pour ce septième rendez-vous, je vous offre les premières lignes du livre "Les Enchantements d'Ambremer". 


"Entraîné par toute la puissance de son énorme locomotive à vapeur, l'express reliant Saint-Pétersbourg à Varsovie traversait la nuit étoilée tel un monstre aveugle que rien ne semblait retenir. C'était une masse sombre qui déferlait dans la campagne polonaise avec des bruits de forge mécanique et, de loin en loin, un coup de sifflet strident à l'approche des gares villageoises qu'elle franchissait sans ralentir, emplissait d'un vacarme furieux et abandonnait aussitôt à un silence bouleversé où flottaient, fugitives, des nuées de scories incandescentes.Il était presque minuit et, par contraste, tout paraissait étrangement calme dans le compartiment couchette de première classe qu'occupait la baronne de Saint-Gil. Ici, un léger roulis berçait plus qu'il n'incommodait, tandis que les sons peinaient à passer les boiseries laquées, les capitons de cuir et le velours des rideaux. Sur une tablette, une petite cuillère en argent cliquetait entre la soucoupe et la tasse d'un service à thé. Pourtant close, la porte du cabinet de toilette tremblait contre l'huisserie au rythme de discrets soubresauts."

~ "Les Enchantements d'Ambremer, Le Paris des Merveilles, I" de Pierre Pevel.

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